Le président des Etats-Unis a initié une nouvelle instance internationale – le Conseil de la Paix. Proposée en septembre 2025, cette organisation s’inscrivait alors dans le cadre du plan de paix prévu par le même président pour mettre fin à la dramatique guerre de Gaza. Or, le 20 janvier 2026, Donald Trump a estimé que les Nations Unies « ne l’ont pas aidé dans cette action » (sic) et qu’il considérait que dorénavant ce Conseil de la paix avait pour vocation de remplacer l’ONU ! comme une alternative au Conseil de sécurité de l’ONU !
Ce Conseil a été créé officiellement le 15 janvier 2026, en marge du WEF à Davos avec comme mission : « promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par un conflit ».
Si le titre et l’intitulé de cette mission en faveur de la Paix ne peuvent être que soutenus, il n’en va pas de même du concept même de supplanter l’ONU ! Il n’en va pas non plus des mesures de mise en œuvre de ce Conseil, qui sont pour le moins éloignées et opposées aux valeurs démocratiques !
Quatre critères principaux interpellent particulièrement. Premièrement, son fonctionnement est régi par une charte privée et non d’ordre public. Deuxièmement, celle-ci détermine la gouvernance qui voit une seule personne habilitée à adopter les initiatives et résolutions de ce Conseil, et ceci sans consultation des autres membres ; cette personne étant le président Trump ! par ailleurs prévu à vie dans cette fonction et seul chargé de choisir et nommer son successeur !
Troisièmement, la composition du conseil et celle de son conseil exécutif sont déterminées uniquement par Donald Trump lui-même. Enfin, et ce n’est pas la moindre proposition anti-démocratique : le retour à un régime censitaire puisque seuls les pays payant un milliard de dollars seront considérés comme permanents !
Au-delà de ces éléments fondamentaux, cette nouvelle instance dans sa volonté de supplanter l’ONU est clairement une attaque supplémentaire au multilatéralisme et à ses organes de traitement diplomatique et judiciaire des différends. Les conséquences notamment pour la Genève international et ses instances internationales thématiques ne sont pas encore claires, mais seront sans doute lourdes, affaiblissant encore l’ensemble de ce pôle après les décisions de diminution de nombreuses contributions financières à l’exemple des réductions américaines et celle de retrait des USA de plusieurs organismes.
Or, rappelons-le ici : de tels affaiblissements sont mauvais pour le monde ! notamment pour ses populations et tout spécialement celles qui souffrent. Ils créent des véritables problèmes pour l’action et le respect des droits de l’Homme et du droit Humanitaire – les si importantes Conventions de Genève. Ils ont des effets négatifs sur la gestion non armée des crises, la coordination de la prise en charge des réfugiés !
Ce n’est pas sans conséquences malheureuses non plus pour la Suisse, en particulier au sujet de l’action de notre diplomatie si facilitée par la réalité même de la Genève internationale. La reconnaissance de notre rôle des bons offices est également mise à mal. Cela crée des incidences négatives sur les interactions positives et uniques créées à Genève entre diplomatie internationale, ONG, universités et centres de recherche.
Faut-il poursuivre ? N’est-ce pas assez pour nous convaincre que la Suisse n’a pas à s’associer à cette nouvelle instance ? Sans aucun doute, mais j’estime que la Suisse ne peut pas juste répondre « Non » à la sollicitation d’y participer. En effet, une telle réponse pourrait avoir, elle aussi, des conséquences négatives pour la Suisse ! dans le style des réactions émotionnelles du président américain. De plus, la Suisse ne peut pas juste ignorer une telle instance à laquelle participent déjà de nombreux Etats (voir ci-dessous), dont plusieurs sont des partenaires de la Suisse à des degrés divers.
A mon avis, il convient que la Suisse poursuive son engagement si particulier d’Etat neutre, poursuive son engagement pour et avec l’ONU et les instances de la Genève internationale, pour le multilatéralisme et le traitement diplomatique et non armé des différends, mais la Suisse doit aussi poursuivre sa connexion active avec les pays membres de ce Conseil de la Paix, afin que l’engagement de la Suisse en faveur de la paix et du droit Humanitaire puisse toujours être plus actif et plus reconnu. Une position d’alpiniste en équilibre sur une arête ! Heureusement, nous les Suisses sommes un peuple de montagnards et savons marcher avec équilibre !
Participants: A fin janvier 2026, les 21 pays suivants ont déjà décidé de le rejoindre cette instance : Argentine, Arabie saoudite, Arménie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bulgarie, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Hongrie, Indonésie, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Maroc, Mongolie, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Qatar, Salvador et Turquie. Les pays suivants ont fait part de leur intention d’accepter leur invitation à rejoindre le Conseil de paix : Albanie, Biélorussie, Cambodge, Egypte, Israël, Koweït et Vietnam, mais ne l’ont pas encore confirmé.
Invités mais n’ont pas encore répondu: L’Union européenne et les États suivants ont été également invités mais n’ont pas encore répondu : Australie, Autriche, Brésil, Chine, Chypre, Corée du Sud, Finlande, Grèce, Inde, Japon, Oman, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Singapour, Tchéquie, Thaïlande, Ukraine, Vatican et la Suisse.
L’invitation au Canada de se joindre a finalement été annulée par le Président Trump, fâché notamment du discours du Premier Ministre canadien au Forum de Davos !
Décliné l’invitation: Les pays suivants ont décliné l’invitation : Allemagne, Croatie, Espagne, France, Irlande, Italie Norvège, Nouvelle Zélande, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède.
Conseil exécutif: M. Trump a indiqué avoir nommé à ses côtés les personnes suivantes : Nickolay Mladenov, haut représentant pour Gaza, Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis, Steve Witkoff, envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Jared Kushner, haut conseiller du président des États-Unis, Tony Blair, ancien Premier ministre du Royaume-Uni, Marc Rowan, PDG d’Apollo Global Management, Ajay Banga, président de la Banque mondiale et Robert Gabriel Jr., conseiller politique américain.
Kurz und kräftig. Die wöchentliche Dosis Aussenpolitik von foraus, der SGA und Caritas. Heute steht der India‑Middle East‑Europe Corridor (IMEC) im Fokus: Kann eine neue Bahnverbindung von Indien nach Europa zur Stabilität im Nahen Osten beitragen? Nr. 492 | 16.12.2025
Neue Beiträge von Joëlle Kuntz (La neutralité, le monument aux Suisses jamais morts) und Markus Mugglin (Schweiz – Europäische Union: Eine Chronologie der Verhandlungen) sowie von Martin Dahinden und Peter Hug (Sicherheitspolitik der Schweiz neu denken - aber wie?) Livre (F), Book (E), Buch (D)
Zu den BeiträgenDas Schweizer Mandat im UNO-Sicherheitsrat (2023 und 2024) fiel in turbulente Zeiten, der Rat hatte Schwierigkeiten, in den grossen Fragen Entscheide zu fällen. Jeden Samstag haben wir das Ratsgeschehen und die Haltung der Schweiz zusammengefasst.
Infoletter abonnieren