Conclusions tirées d’une comparaison peu remarquée des facteurs internationaux influant sur le développement des pays à revenu faible et intermédiaire. Les recommendations d’ un groupe d’ anciens collaborateurs de longue date du DFAE pour la future stratégie de coopération internationale suisse.
En juin 2025, lors de la conférence de Séville, l’ONU a chiffré à 4’000 milliards de dollars US par an le déficit de financement du développement des pays les plus pauvres pour l’année 2024. Ce montant permettrait d’atteindre les objectifs de développement durable. Il correspond à 10 % du PIB annuel des pays les plus pauvres. En revanche, la coopération internationale (CI) des pays donateurs de l’OCDE s’élevait à 215 milliards de dollars – un montant considérable en valeur absolue, mais limité par rapport au déficit.
La CI, qui représentait 0,3 % du PIB des pays de l’OCDE en 2024, subit actuellement des pressions internationales de toutes parts – politiques, économiques et sociales. Parmi les raisons, on peut citer un revirement de l’opinion politique, l’augmentation des budgets de défense suite à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, une faible croissance économique, les coûts de la transition énergétique ainsi que les charges sociales croissantes liées au vieillissement des sociétés.
Ces évolutions se manifestent également en Suisse. Le Conseil fédéral et le Parlement viennent de geler le budget de la coopération internationale dans le cadre du paquet d’allègements budgétaires jusqu’en 2030, et des coupes budgétaires annuelles supplémentaires par le Parlement ne sont pas à exclure.
On reproche également à la CI de ne pas répondre aux attentes placées en elle. Cette critique repose parfois sur l’hypothèse erronée selon laquelle la CI serait seule responsable du développement des pays pauvres.
La coopération internationale doit être considérée dans le contexte d’autres facteurs importants influant sur le développement des pays pauvres. Une telle vision globale distingue les facteurs qui favorisent majoritairement le développement de ceux qui le freinent majoritairement.
Le tableau récapitulatif ci-dessous rassemble les facteurs influant sur les pays pauvres, respectivement ceux à revenu faible et intermédiaire (en anglais LMIC). Lorsque des données spécifiques pour les LMIC ne sont pas disponibles, des chiffres mondiaux ou régionaux ont été utilisés. Ceux-ci ont également des répercussions sur les LMIC, car ils s’y produisent directement ou ailleurs et ne sont donc, au moins en partie, pas disponibles pour le financement du développement.
Il est évident que d’autres facteurs influencent le développement des pays, notamment leur orientation démocratique, leur respect de l’État de droit, ainsi que leurs orientations politiques, économiques et sociales, sans oublier leur volonté de réforme. Les investissements du secteur privé et de l’État (par exemple dans l’éducation et la santé) en font également partie.

Ce sont principalement les coûts mondiaux liés aux conséquences de la guerre, au service de la dette extérieure, à la corruption et au détournement de fonds, aux dépenses mondiales en matière d’armement, ainsi qu’à la criminalité organisée et au blanchiment d’argent à l’échelle mondiale qui freinent le développement. À eux seuls, les coûts de reconstruction liés à la guerre en Ukraine ont été estimés par la Banque mondiale à près de 588 milliards de dollars pour 2025, soit près de 59 milliards de dollars par an sur dix ans, des fonds dont les autres LMIC ne disposent pas. Il est difficile de quantifier globalement tous les facteurs qui freinent le développement. Il semble toutefois réaliste de penser que, pris dans leur ensemble, ils devraient représenter plus de 10 % du PIB des LMIC par an – un chiffre extrêmement élevé. Il correspond également à peu près au déficit de financement mentionné au début.
Ce sont principalement les exportations, qui représentent 25 % du PIB des PRFI, qui favorisent le développement. Les transferts de fonds et les investissements directs nets ont un poids nettement moindre ; ensemble, ils atteignent à peine 3 %. Viennent ensuite la coopération internationale, les fondations philanthropiques et les investissements à impact social dans le développement, qui contribuent ensemble à un peu plus de 0,7 %.
Les investisseurs d’impact attendent d’une part des résultats concrets en matière de développement – tels qu’une hausse de l’emploi, une augmentation des revenus ainsi qu’une protection renforcée de l’environnement et du climat – et d’autre part des bénéfices financiers. Ces investissements croissants, tout comme l’augmentation des fonds des fondations philanthropiques, ont également été rendus possibles par l’accumulation de richesse des acteurs privés au cours des deux dernières décennies.
Il existe de nombreux facteurs d’influence qui dépassent largement le cadre de la coopération internationale. Compte tenu de cette vision d’ensemble et des besoins, un engagement financier accru serait en soi nécessaire, mais difficile à mettre en œuvre en raison de la situation budgétaire actuelle des pays donateurs. Un retrait serait toutefois risqué, car ce sont précisément les facteurs d’influence mentionnés qui exigent un rôle mieux adapté de la part des différents acteurs – y compris la coopération internationale.
Lors de la conception de la future stratégie de coopération internationale suisse (message 2029–2032), il serait donc souhaitable de prendre davantage en compte les enjeux globaux :
Un travail ambitieux et important est entre les mains des responsables politiques suisses, des partis, du monde économique, de la société civile et des milieux scientifiques. Les contours de ce travail devraient être visibles et bénéficier d’un large soutien dès cette année. Il faut se défaire de toute naïveté.
Adrian Maître et Roger Denzer, avec Christoph Graf, Willi Graf et Giancarlo de Picciotto, tous anciens collaborateurs de longue date du DFAE (Secrétariat d’État et Direction du développement et de la coopération, DDC). Les auteurs s’intéressent aux questions stratégiques de la coopération internationale et de la politique étrangère et se sont regroupés en un collectif informel à cette fin.
Kurz und kräftig. Die wöchentliche Dosis Aussenpolitik von foraus, der SGA und Caritas. Heute im Fokus: Dänemark – wo Sozialdemokraten die härteste Migrationspolitik Europas machen. Nr. 502 | 19.05.2026
Der Überblick zur schweizerischen Aussenpolitik entlang ihrer zentralen Gebiete. Online nachgeführt und aufdatiert. Neue Beiträge von Joëlle Kuntz (La neutralité, le monument aux Suisses jamais morts) und Markus Mugglin (Schweiz – Europäische Union: Eine Chronologie der Verhandlungen) sowie von Martin Dahinden und Peter Hug (Sicherheitspolitik der Schweiz neu denken - aber wie?). Zum Inhalt.
Das Verhältnis der Schweiz zur Europäischen Union ist der Fluchtpunkt der aussenpolitischen Auseinandersetzungen im Lande. Bis zur Abstimmung über die neuen Verträge (“Bilaterale III”) präsentieren wir unsere Beiträge, die offiziellen Texte, ausgewählte Positionsbezüge von Parteien und anderen Akteuren sowie eine Chronologie gebündelt auf einer Seite (hier klicken).